Crédit photo : Pexels/cottonbro studio / Les personnes exprimant des sentiments de solitude ou d'isolement étaient davantage enclins à une mortalité précoce
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La solitude est mortelle

La solitude est un enjeu crucial de santé publique

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Publié dans Psychology Today par Abigail Fagan

Les effets délétères de la solitude sur la santé sont connus depuis de nombreuses années. Les personnes vivant seules sont plus susceptibles de développer des troubles de santé, comme le diabète ou les pathologies cardiaques. Des études récentes ont démontré que les individus exprimant des sentiments de solitude ou d’isolement étaient davantage enclins à une mortalité précoce. Cette connexion était tout aussi pertinente pour les hommes que pour les femmes.

Il est désormais établi que la solitude constitue un enjeu majeur de santé publique. Les personnes isolées présentent un risque notablement plus grand de contracter des maladies sévères comme les AVC, le diabète, la démence, les pathologies cardiaques et l’arthrite.

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Les personnes isolées sont davantage enclins à être touchées par des problèmes tels que l’insomnie

Des risques pour la santé

Elles sont davantage enclins à être touchées par des problèmes tels que l’anxiété, la dépression, les troubles alimentaires, l’alcoolisme et l’insomnie. Une méta-analyse datant de 2015 a montré que la solitude et l’isolement social présentaient des risques pour la santé équivalents à ceux de l’obésité ou de la consommation de 15 cigarettes par jour. En plus d’augmenter les risques liés à de graves problèmes de santé, des études récentes ont établi un lien entre une solitude prolongée et une diminution de l’espérance de vie.

Une synthèse récente parue dans la revue Nature, comprenant plus de 90 études et s’appuyant sur des données de plus de 2,2 millions d’individus à travers le globe, a révélé un lien entre l’isolement autodéclaré ou la solitude et une probabilité accrue de décès prématuré toutes causes confondues. Selon les résultats, l’isolement social et la solitude augmentent le risque de mortalité de 29% et 26% respectivement. Cette analyse exhaustive a pris en compte divers groupes de personnes, y compris celles souffrant de maladies cardiovasculaires ou de cancer, issues de plusieurs pays dont les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, la Corée et la Finlande.

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Les personnes isolées présentent un risque notablement plus grand de contracter des maladies sévères comme les pathologies cardiaques

Probabilité accrue de décès toutes causes confondues

L’étude a démontré un lien entre l’isolement social, la solitude et une probabilité accrue de décès toutes causes confondues au sein de la population générale. Plus spécifiquement, une corrélation a été observée entre l’isolement social et une augmentation du risque de décès lié à des maladies cardiovasculaires, alors que les patientes souffrant d’un cancer du sein et vivant dans l’isolement social présentaient un taux de mortalité lié au cancer plus important. Ces découvertes mettent en avant l’importance de mettre l’accent sur les relations sociales pour les patients cancéreux dans le but d’allonger leur espérance de vie.

La solitude et l’isolement social présentaient des risques pour la santé équivalents à ceux de l’obésité ou de la consommation de 15 cigarettes par jour

Bien que des recherches précédentes suggéraient que les femmes avaient une moindre probabilité d’expérimenter l’isolement social, tout en étant plus vulnérables à la solitude, cette méta-analyse a mis en évidence une augmentation du risque de mortalité, toutes causes confondues, en lien avec l’isolement social chez les deux genres. Toutefois, aucun lien n’a été découvert entre la solitude et le risque de mortalité toutes causes confondues chez les hommes comme chez les femmes.

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L’impact d’une épidémie de solitude s’étend au-delà de la santé individuelle, affectant nos communautés dans leur ensemble

Un effet notable sur le bien-être

Il est important de souligner que les diverses évaluations de l’isolement social et de la solitude, centrées principalement sur les pays à haut revenu, posent certaines contraintes significatives dans les études effectuées. Cependant, nous ne pouvons nier l’accumulation de preuves indiquant que la solitude et l’isolement social ont un effet notable sur notre bien-être, avec des taux croissants constatés à travers toutes les populations.

L’impact d’une épidémie de solitude s’étend au-delà de la santé individuelle, affectant nos communautés dans leur ensemble. Les communautés dotées d’une cohésion sociale plus solide présentent des taux de maladie et de mortalité globalement plus faibles que celles qui manquent de capital social. Elles font preuve d’une plus grande résilience face aux catastrophes naturelles et subissent moins de violence. De ce fait, la nécessité de renforcer les liens sociaux est devenue une priorité de santé publique, au même niveau que la lutte contre le tabagisme, l’obésité et la dépendance.

L’avis récent du médecin général sur ce sujet souligne le besoin crucial d’investir dans des stratégies visant à réduire l’épidémie de solitude. Cela comprend le renforcement de l’infrastructure sociale par la création d’espaces et d’activités communs pour favoriser les relations sociales, l’élaboration de politiques publiques qui priorisent le développement des liens sociaux, et l’implication du secteur de la santé pour identifier et soutenir les individus exposés à un risque d’isolement.

Pour le bénéfice de tous…

Il est indispensable d’instaurer des réformes dans le milieu numérique, incluant les médias sociaux, afin de minimiser leurs effets délétères et favoriser une plus grande transparence. En outre, l’intensification de la recherche et des campagnes de sensibilisation publique pourrait renforcer notre connaissance de ce sujet crucial et accroître la prise de conscience à son sujet.

Il est évident que la mise en œuvre de ces approches nécessitera des investissements conséquents et une collaboration intense entre plusieurs parties concernées. Toutefois, les coûts sociaux et économiques de l’inertie sont tout simplement trop considérables pour être négligés. D’après une recherche menée par l’AARP, l’isolement social chez les personnes âgées aux États-Unis entraîne près de 6,7 milliards de dollars en frais d’assurance médicale annuels. En nous engageant à lutter contre la solitude et l’isolement social, nous avons l’opportunité d’améliorer le bien-être individuel et de construire des communautés plus solides et résilientes pour le bénéfice de tous.

SOURCE : Psychology Today
Traduit de l’anglais

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